Une entreprise de déstabilisation contre Julian Assange ?
“Je ne sais pas ce qui se cache derrière [ces accusations]. Mais nous avons été avertis que, par exemple, le Pentagone nous jouerait de vilains tours pour nous détruire”, affirme M. Assange dans un entretien exclusif accordé au tabloïd suédois Aftonbladet.
Comme le précise le site spécialisé dans les nouvelles technologies Mashable, “M. Assange s’est bien gardé de nommer le Pentagone ou une agence gouvernementale ou de renseignement comme l’instigateur de ces allégations de viol”. Sur son compte Twitter, WikiLeaks dénonce notamment des “allégations sans le moindre fondement”.
D’autres sympathisants l’ont fait pour lui, souligne le Daily Telegraph. “Il est intéressant de voir comment Assange et ses troupes loyales utilisent cet épisode étrange pour alimenter le mythe”, explique le quotidien.
Pour ses partisans, en effet, nul doute que les agences de renseignement américaines sont impliquées dans cette entreprise de déstabilisation. “Comment discréditer une personne qui met à mal le pouvoir ?” demande le journaliste indépendant Nicholas John Mead. “En salissant un héros”, répond-t-il. “Il est clair, depuis pas mal de temps, que le Pentagone adorerait tirer une balle dans la tête de Julian Assange”, écrit sans ambage le blogueur Lew Rockwell.
UNE PROCÉDURE “NORMALE” ?
Les commentateurs s’interrogent aussi sur la manière dont a opéré la justice suédoise. Julian Assange a fait l’objet de deux procédures, après que deux femmes ont raconté vendredi soir à la police avoir été, l’une violée et l’autre agressée par le fondateur de WikiLeaks. “Un juge a lancé un avis de recherche pour viol à l’encontre de M. Assange ; mais un autre juge a annulé l’arrestation, maintenant toutefois une enquête sur l’agression supposée”, précise l’EUobserver.
“Cette abrupte volte-face donne un tour étrange aux événements impliquant M. Assange”, explique le New York Times. Une procédure “normale”, assure pourtant la justice suédoise. “Ce ne pourrait être qu’un simple acte répréhensible présumé en Suède. Mais cela sent la politique, alors que WikiLeaks se prépare à publier de nouveaux documents sur la guerre en Afghanistan”, commente Venture Beat.
WikiLeaks s’est attiré les foudres de l’administration américaine en publiant récemment 77 000 documents confidentiels sur la guerre en Afghanistan. Et, le 14 août à Stockholm, M. Assange a promis la prochaine publication des 15 000 autres documents classifiés qu’il possède sur ce conflit.
Cette affaire intervient en Suède, alors que Julian Assange vient d’annoncer un accord avec le Parti pirate du pays, qui lui fournira des serveurs supplémentaires, rappelle aussi le Daily Tech. Avant les élections législatives de la mi-septembre, “WikiLeaks espère également que le Parti pirate va faire pression pour une plus grande protection du site, au Parlement suédois”, conclut le site spécialisé.
